De l'importance des deadlines (conseil d'écriture n°1)


Mon expérience en matière d’écriture est certes modeste, mais elle commence à se faire vieille.
Je manie la plume depuis une dizaine d’années et si pouvais donner un conseil unique à la jeune conteuse que j’étais à mes balbutiements, il serait sans conteste le suivant : fixe-toi des deadlines bon dieu !
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Je ne suis pourtant pas de celles qui favorisent la pression du temps limité et les contraintes du chronomètre, néanmoins avoir une date précise et butoir pour rendre mes écrits a été la meilleure chose qui me soit arrivée dans mon quotidien d’aspirante auteure.

Explications : vous le savez si vous avez déjà jeté un œil à l’article sur mon rapport à l’écriture, je traîne derrière moi un projet de roman depuis sept bonnes années. Loin de moi l’envie de faire l’éloge de la précipitation rapidité, j’ai la conviction qu’un bon texte se mûrit et se travaille et se retravaille, mais sept ans, c’est tout de même un tantinet long. J’ai réécrit nombre de fois les 5-6 premiers chapitres que j’avais réussi à sortir, j’ai changé une bonne dizaine de fois de trame et de scénario et, entre deux refonte complètes de l’histoire, j’ai fini par acquérir un rythme de croisière d’un chapitre environ tous les six mois. Autant vous dire que je m’étais fait à l’idée de ne jamais venir à bout de ce projet, de l’écrire toute ma vie, qu’il m’accompagnerait toujours, sans cesse remanié, mais jamais terminé.

3Et un beau jour, quelqu’un de très cher à mon cœur (autant le dire, il s’agit de ma maman) a eu la brillante idée de me dire : « Je le veux pour mes 50 ans, sinon je t’en voudrais pour le reste de tes jours et je n’aurais plus foi en tes projets fantasques » (je transpose en exagérant à peine).
La machine était lancée, avec cet ultimatum à l’horizon de mon clavier, j’ai écrit plus en 6 mois qu’en 6 ans. J’ai commencé par quantifier et planifier mon écriture en fonction du temps qu’il me restait : je savais par exemple que je devais écrire 5 chapitres par mois pour être dans les temps.
Ce genre de pression fonctionne à merveille sur moi. Sur les deux années allouées à mon mémoire, j’avoue avoir passé un an et demi à me vautrer dans les plaisirs de la recherche pure sans rédiger quoique ce soit et, c’est quand mon directeur de projet m’a rappelé la date fatidique que j’ai plongé dans la phase rédactionnelle en me fixant des objectifs et des contraintes.
Ce qui m’amène aux conseils que je pourrais vous donner si vous sentez que vous avez besoin d’un petit coup de fouet pour avancer un travail d’écriture : donnez-vous une date butoir et des objectifs intermédiaires. Je vous assure que ça aide vraiment à planifier, à savoir où on en est et donc à éviter de se perdre dans les circonvolutions de la création.

Fonctionnez par semaine : évaluez combien de chapitres vous avez besoin d’écrire chaque semaine pour tenir votre objectif et essayez de réaliser cela. Après deux ou trois semaines, vous constaterez que l’écriture entraîne l’écriture et voir votre projet avancer enfin vous donnera encore plus envie d’aller jusqu’au bout du chemin.
Je parle de deadline et de contrainte, mais il ne faut pas se prendre la tête non plus si vous ne parvenez pas à terminer des chapitres ou votre œuvre à temps (sauf si c’est une autorité qui vous fixe la date comme un directeur de mémoire, par exemple). Cette méthode sert uniquement structurer et à régulariser votre façon de travailler, nous ne sommes pas dans une logique de rentabilité, loin de là.
Pour l’escargot que je suis j’étais, j’ai réussi à avancer à raison d’un chapitre par semaine. En quelques mois je suis passé de 5 chapitres à 18 et pourtant je ne suis pas encore sûre de pouvoir honorer mon défi. Si ce n’est pas le cas, tant pis, j’aurais tout de même sacrément progressé dans mon aventure littéraire et c’est l’essentiel.
2Cette discipline a également eu l’avantage inattendu de guérir une de mes névroses d’écriture : corriger sans cesse les quelques chapitres déjà existants. C’était presque maladif. Je ne nie pas les vertus de la relecture, mais je ne pouvais m’atteler à l’invention d’une nouvelle page sans avoir quasi totalement réécrit l’intégralité des précédentes. C’était symptomatique de mes interminables périodes d’inactivité entre deux phases d’écriture : quand je reprenais le projet, je n’étais plus vraiment en communion avec des choses écrites 6 ou 7 mois plus tôt. Je sentais le besoin de tout retravailler afin d’être en accord avec mon texte  Du moins jusqu’à la prochaine fois !
Me fixer une deadline et donc écrire plus régulièrement a régler ce souci-là.
Dernière petite chose : je vous glisse ce conseil au détour d’un article car il a fonctionné du tonnerre pour moi, mais cela va de soi que ce n’est pas une vérité absolue, nous sommes tous différents et qui plus est en matière d’écriture, chacun fait bien ce qu’il veut !
Je vous laisse, je retourne écrire ;)

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