Les Fiancés de l'hiver

Il est parfois délicat de trouver des mots assez forts, assez rares et précieux pour définir un coup de foudre. Car il sera bel et bien question de coup de foudre et d’amour vibrant dans cette chronique. Cela m’arrive rarement. A dire vrai, je n’ai ressenti ce frisson merveilleux, celui qui nous souffle au creux de l’oreille « Tu vas porter cette histoire dans ton cœur toute ta vie », que trois fois : pour Harry Potter, pour Bobby Pendragon et pour La Passe-miroir.

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Notre rencontre fut inattendue et remplie de promesses : j’ai aperçu les lignes de la Citacielle au détour du blog La Parenthèse Imaginaire  (qui a un don inouï pour mettre les livres en scène) et j’ai su. Avant même de lire l’article, j’ai su qu’un jour je me plongerai dans cet ouvrage. La couverture et le titre m’avaient trop charmée pour qu’il en soit autrement.

Et j’ai attendu, comme on savoure ce laps de temps à la fois trop long et trop court entre une rencontre et le premier rendez-vous. Je voulais me débarrasser de mes attentes, sortir de ma tête tous ces commentaires élogieux que j’avais lu. Je souhaitais déguster ces pages à la manière dont on se délecte d’un met rare.

La secousse intérieure fut à la hauteur de mon attente quand j’ai timidement poussé les portes de ce monde. Quelle plume enchanteresse ! Quel univers étourdissant ! J’ai vécu cette lecture comme une fièvre vertigineuse et savoureuse.

La Passe-Miroir, c’est l’histoire d’Ophélie, une jeune-fille maladroite et discrète capable de traverser les miroirs, que l’on fiance à Thorn, un mystérieux étranger. Entrainée à sa suite jusqu’au pôle où il est intendant et détesté de tous, Ophélie va devoir manier ses dons de liseuse avec prudence et réfréner son animisme si elle veut apprivoiser cet univers glacial où intrigues de cours, débauches libertines et illusions plus vraies que nature se côtoient allègrement.

Christelle Dabos réalise là un travail d’orfèvre : chaque élément, chaque infime détail est parfaitement à sa place et trouve son utilité dans la mécanique de ce roman si bien huilée qu’on en oublie que nous sommes face à une fiction et que nous ne sommes pas nous-même en train de visiter la fabuleuse citacielle. Immersif vous avez dit ?

img_6880On se sent proche d’Ophélie qui est une héroïne du commun, empotée et perdue, à mille lieux d’une Katniss Everdeen et c’est une caractéristique qui se fait rare dans les romans jeunesse de nos jours. On souffre avec elle, on s’émerveille à travers ses yeux et on en viendrait presque à caresser notre écharpe par inadvertance, comme si elle était animée à l’instar de la sienne.

Chaque personnage est un bijou : de Thorn que le manque de charisme rend attachant au possible, à la belle Berenilde aussi agaçante que touchante, en passant par l’irrévérencieux ambassadeur Archibald et son chapeau troué et une multitude de personnages secondaires qui sont tous dotés d’une épaisseur folle.

Le charme indéniable de ce roman est dû notamment aux personnages loin des stéréotypes. Thorn est loin d’être un prince charmant. Il n’en a ni le physique, ni le comportement (ni l’ascendance !) et pourtant je n’étais plus tombée amoureuse d’un personnage masculin depuis longtemps.

Le titre, Les Fiancés de l’Hiver, me faisait craindre une intrigue entièrement basée sur une romance prévisible et mièvre : je ne pouvais pas plus me tromper. La relation entre Ophélie et Thorn est d’une délicatesse, d’une finesse, d’une sobriété et d’une discrétion telle ! Si la plume de Dabos est d’une beauté remarquable, ce qu’elle ne dit pas, ce qu’elle ne fait qu’effleurer l’est tout autant.

L’importance de l’Histoire et des manipulations politiques ou religieuses dont elle est victime émerge de cette intrigue riche comme une auréole qui vient sublimer un roman à l’aura superbe.

J’ai l’impression irritante d’en avoir trop dit et pas assez pour tenter de vous transmettre un peu de cette passion dévorante qui me ronge le ventre quand je pense à cette saga. Le monde imaginé par Dabos est d’une profondeur folle, on voudrait l’arpenter, le découvrir encore et encore, ne plus s’arrêter de lire les aventures d’Ophélie.

A mi-chemin entre Alice au pays des merveilles et la Belle et la Bête dans un décor baroque, avec des affinités indéniables vers l’univers poétique de Miyazaki, Chihiro en tête, ce roman est tout cela et bien plus à la fois. J’ai le sentiment qu’aucun de mes mots ne rendra grâce à ce chef-d’oeuvre alors je terminerai simplement en vous disant : chers lecteurs, nous sommes là face à une grande, grande saga littéraire.

Ce livre a été lu en lecture commune avec Lily <3

 CONCOURS !
A l’occasion des 600 abonnés sur ma chaîne Youtube (et parce que je vous aime 😉 ), je vous propose de gagner un exemplaire dédicacé par l’auteure des Fiancés de l’hiver. Il s’agit d’un tirage au sort et les inscriptions sont ouvertes jusqu’au lundi 5 décembre. Pour participer au tirage au sort il suffit de me laisser un commentaire sous cet article indiquant votre participation.

Bonus :
– Chaque partage de la vidéo « La Passe-Miroir | Le phénomène décrypté » ou du présent article sur un réseau social ou un blog vaut pour une entrée supplémentaire dans le tirage (mais ce n’est pas obligatoire). Merci de mettre le lien du partage dans le commentaire de participation.

Note : ce concours n’est pas sponsorisé ou financé, c’est un cadeau de moi à vous 🙂

Bonne chance à tous !

 

 

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50 commentaires sur Les Fiancés de l’hiver (+ CONCOURS)

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