Ouvrir une maison d'édition

Il existe des rêves un peu fous, que l’on n’ose imaginer se réaliser et qui pourtant sont assez tangibles pour prendre corps dans le réel. Parfois, il arrive qu’au détour d’une conversation inspirante ou d’un aléa de la vie, on passe le cap, on saute la barrière et qu’on fasse tout pour que ce petit rêve devienne plus que ça. Il suffit souvent d’un petit rien, de pas grand chose.

Je n’ai jamais pu me projeter ailleurs qu’au milieu de livres. Clairement, je ne vois pas ce que je pourrais faire d’autre. Quand je suis entrée en licence de lettres modernes à l’université de Toulon, j’étais animée par le désir de travailler dans le monde de l’édition. N’y a-t-il pas de métier plus épanouissant que de dénicher des histoires merveilleuses à partager avec les lecteurs ?

J’ai vite déchanté. Pas mal de personnes ont mis du cœur à l’ouvrage pour me forcer à réviser mes ambitions. On m’a dit que le secteur était bouché, qu’il était impossible de rentrer dans une grande maison d’édition et que les petites structures n’étaient pas viables. On m’a dit que je n’avais aucune chance de poser un doigt de pied dans cet univers si je ne vivais pas en région parisienne. On m’a dit aussi qu’il était inconcevable de vouloir ouvrir sa propre maison d’édition autrement qu’à titre associatif, le marché est bouché aux nouveautés vous comprenez.

LogoAvecFondGrandJ’ai été docile, j’ai revu mes rêves à la baisse. J’ai poursuivi des études passionnantes jusqu’à mon Master en Imaginaires et Genèses Littéraires sans avoir une idée fixe de ce qu’allait être mon avenir professionnel. J’ai fait des stages en Centre de Documentation, j’ai décroché des jobs étudiants en bibliothèque, des boulots d’été en tant qu’employée administrative … Mais aucune activité n’a su rallumer cette flamme qui m’a fait pousser les portes de la fac des étoiles plein les yeux.

Après avoir validé mon Master, je n’étais pas bien avancée et suite à une expérience catastrophique de service civique, je me suis retrouvé à devoir remplir une année de pause un peu forcée. J’en ai profité pour enfin me consacrer à des projets qui me tenaient à cœur : le présent blog, ma chaîne YouTube, mon premier roman …

Et le miracle s’est produit. Je ne m’y attendais pas le moins du monde, mais mon bébé blog et mes petites vidéos m’ont permis de rentrer dans le monde du livre par une porte que j’avais un peu négligée : celle des lecteurs actifs sur internet.

J’ai eu le privilège d’avoir un contact particulier avec des auteurs de tous horizons, du poulain à l’abri dans les écuries des mastodontes de l’édition à l’autoédité en passant par des auteurs de toutes petites maisons ou d’éditions associatives. Au fil de nos échanges captivants, j’ai appris à connaitre ce monde éditorial qui me semblait inaccessible. Et j’ai appris à le cerner de la meilleure manière qui soit : à travers le regard et les expériences de ceux sans qui tout cela n’existerait pas, les écrivains. De rencontres en discussions, j’ai tracé les lignes de ce que serait ma façon à moi de publier des livres si j’avais la chance de le faire. Et j’ai fini par me dire : et pourquoi pas ?

Je ne vous cache pas que ça ne s’est pas fait du jour au lendemain. Entre la prise de conscience et aujourd’hui, je vous épargne des mois de doutes, de questionnements, de fulgurances et de peur, de « suis-je légitime ? » et de « ça va être géniaaaal ! », de choix, de décisions et d’épanouissement aussi.

Mais me voilà maintenant, aujourd’hui, à taper presque fébrilement sur mon clavier pour vous annoncer que mon rêve oublié est en train de prendre forme et qu’il a un nom : Magic Mirror éditions.

Certes, nous ne sommes pas des géants, notre maison d’édition en est à ses balbutiements et nos auteurs ne deviendront pas des superstars tout de suite. Mais tout a été pensé pour répondre aux besoins d’un lectorat de niche, pour chouchouter les personnes qui nous confient leurs textes et pour que l’édition indépendante vive de belles heures.

Je prévois une série d’articles pour relater mon aventure éditoriale, si cela vous intéresse. Aussi, dans ce premier billet, je me contenterai de vous dire que si vous aimez les contes de fées, vous feriez mieux d’aller jeter un coup d’œil sur notre site et que si vous vous sentez conteur dans l’âme, nous avons lancé un appel à textes.

Merci, tout ça c’est un peu grâce à vous 🙂

BanTT

En savoir plus en vidéo :

 

11 commentaires sur Ouvrir une maison d’édition

Laisser un commentaire

Vous pouvez utiliser ces tags HTML

<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>