Ronces Blanches et Roses Rouges | Magic Mirror éditions

  Je l’attendais, je savais qu’elle viendrait tôt ou tard et je l’avais imaginée, maintes et maintes fois. Et pourtant, le moment venu, elle m’est difficile à écrire cette chronique. Comment parler de manière juste, équilibrée, de ce texte si important dans ma vie ?
Magic Mirror éditions, ce projet que je porte avec tant de passion, accueille sa toute première parution, celle qui fait de moi une éditrice, et me voilà toute fébrile pour trouver les mots adéquats. Mais il est temps de me glisser à nouveau dans ma peau de blogueuse pour vous présenter ce livre de façon, vous m’excuserez, pas objective du tout ;).IMG_20170223_204653_423
Ronces Blanches et Roses Rouges est une réécriture enchanteresse de Blanche-Neige et Rose-Rouge, le conte des frères Grimm. La plume féerique de Laetitia Arnould nous plonge dans l’histoire tourmentée de deux sœurs inséparables, Sirona et Eloane. Toutes deux orphelines d’un passé dont elles n’ont aucun souvenir, elles vivent dans une chaumière isolée, sous l’autorité de leur mystérieuse tutrice. Jusqu’au jour où cette dernière décide de marier l’aînée de gré ou de force. Farouche et indomptée, Sirona prend la fuite pour échapper au mariage. Au cœur de la forêt, elle se tiendra enfin face à l’ours qui hurle dans son sillage depuis qu’elle est enfant, elle rencontrera l’énigmatique pianiste tapi dans son manoir où règne une nuit éternelle et, surtout, elle devra se battre pour retrouver sa petite sœur
Quand ce texte sous sa forme de manuscrit s’est retrouvé sur mon bureau, j’ai su. Presque instantanément (presque). Il y avait ce titre, et le conte choisi qui m’ont interpellée. J’ai mis de côté ma lecture en cours pour me pencher sur ce récit intriguant et j’ai été emportée entre ses pages pour ne plus en ressortir.
La plume de Laetitia Arnould est douce, poétique, elle éveille des images d’une beauté folle. L’auteure témoigne d’un don incroyable pour donner vie à des lieux poignants : comment ne pas frissonner en imaginant ce manoir, plongé dans la Nuit des Toujours, aux tours alambiquées, aux fenêtres condamnées,  avec son atrium articulé qui permet aux instruments de musique de se mouvoir comme s’ils étaient vivants ? J’ai aussi été subjuguée par les scènes de forêt, qu’elles soient effrayantes ou virevoltantes, avec cette neige, ces ronces blanches et l’ours
L’atmosphère, qui oscille entre ténèbres et féerie, a quelque chose d’atemporel qui sied à merveille à cette histoire issue d’un conte. Le traitement de la temporalité, du temps qui ne passe pas ou qui se déroule trop vite, du temps manquant, du temps à apprivoiser, m’a particulièrement touchée.20170223_203636
Mais ce que j’ai aimé par-dessus tout, ce sont les personnages, leurs relations et ce qu’ils représentent. Les deux sœurs aux caractères si différents me font immanquablement penser à Anna et Elsa du Disney La Reine des Neiges, Madame Whitecombe est glaçante à souhait, le nain est détestable, mais le pianiste Le pianiste ! Je me suis énormément attachée à ce protagoniste aussi agaçant qu’émouvant, virtuose de génie mais capricieux et puéril, à la fois sublime et hideux. Il est l’incarnation parfaite de cette thématique liée à la dualité que soulève à merveille le texte. Tout y est double, les jeux comme les faces, que les personnages soient dotés d’un alter-ego ou portent en eux cette divergence délectable.
Et comment ne pas tomber sous le charme de l’ours ? Aussi terrifiant que protecteur, puissant mais traqué par cette chasse qui n’en finit pas, la douceur de son regard atteindra Sirona en plein cœur, et le lecteur aussi, par la même occasion.
Les amoureux du conte originel seront servis : c’est une réécriture intelligente qui creuse les thématiques déjà présentes dans le texte d’antan (la tolérance, l’acceptation, la défiance aussi, l’importance de la cellule familiale) tout en dévoilant de nouvelles pistes de réflexions, des différences ténues entre attirance malsaine et amour pur, jusqu’à la difficile rédemption en passant par les affres de la vengeance. Certains clins d’œil au texte des frères Grimm sont jubilatoires mais nul besoin de connaître le conte pour apprécier ce roman.
Si Blanche-Neige et Rose-Rouge sont à l’honneur, je ne peux personnellement pas m’empêcher de trouver à cette histoire un petit arrière-goût de La Belle et La Bête, surement grâce au manoir ensorcelé, à la belle Sirona qui s’y retrouve piégée et aux liens qu’elle noue avec le pianiste, comme avec l’ours. Et le texte n’en est que plus enchanteur.
C’est un roman qui m’a marquée, au-delà du façonnage éditorial sur lequel j’ai travaillé, au-delà d’un certain sentiment maternel pour ce premier petit que j’ai vu grandir étape par étape. Les mots de Laetitia ont cette faculté merveilleuse à se distiller dans notre esprit bien après le livre refermé. L’histoire de Sirona et de sa sœur, de l’ours et du pianiste, des ronces blanches et des roses rouges s’est déployée jusque dans mes rêves ces derniers mois et continuera de m’habiter encore longtemps.

Note : le livre sera disponible à la vente le 27 février.

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