Solstices, entre bals mondains et révolte paysanne

Ce n’est pas l’éditrice qui s’adresse à vous aujourd’hui mais bien la lectrice passionnée. Depuis que j’ai découvert la plume enchanteresse de Laetitia Arnould en étudiant le manuscrit de Ronces Blanches et Roses Rouges pour Magic Mirror éditions, l’envie de me plonger dans ses autres écrits me taraude. Quand j’ai appris que son prochain roman serait publié chez Gloriana, mon petit cœur a fondu et je me suis précipitée sur Solstices.

Je ne vais pas m’attarder sur la sublime couverture, je vous laisse plutôt l’admirer …

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Solstices raconte l’histoire de Gemma, la princesse héritière du trône d’Aroue que les révoltes paysannes ont poussée loin du château de Montanges. Un soir de solitude, exaltée par le vent de liberté qui souffle sur le royaume, elle décide de prendre elle aussi le contrôle de son destin et s’enfuit grimée en fille du peuple. Sous l’œil distant de la lune elle court pour échapper aux révoltés qui la traquent, au vicomte d’Arbrenoir à qui elle était promise, à la malédiction qui déforme son corps à chaque solstice … Et dans sa course folle, elle va croiser la route d’un mystérieux cordonnier et de son ami Marquis …

Le double don de Laetitia pour créer des lieux marquants et les doter de noms mémorables se confirme, chaque endroit parcouru, même le Grenier de l’incipit que l’on ne visite qu’à travers l’affolement de Gemma est parfaitement bien bâti. L’immersion est totale et on se croirait aux côtés des personnages.

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Gemma, à la fois extrêmement têtue et complètement déconnectée de la réalité, peut paraître agaçante dans les premières pages mais en devient rapidement attachante et même drôle, par moments. Si Laurent, le cordonnier toujours prompt à la sauver, est un peu prévisible il n’en demeure pas moins craquant à souhait, mais contre toute attente c’est bien le Marquis de Villarval qui a gagné mon cœur : surprenant, élégant, portant une part sombre sous ses habits d’apparat, aussi doué en danse qu’en combat … Un trio haut en couleur porte l’intrigue et la mène tambours battants jusqu’à son dénouement qui est beau visuellement (ce bal masqué, je rêve de le voir illustré !) comme narrativement. L’ultime chapitre, riche en révélations, conclut d’une bien jolie manière cette histoire aussi rythmée qu’agréable à lire.

Nous avons là un petit roman tout court qui se dévore rapidement … Trop rapidement peut-être ! J’ai aimé l’intrigue mais elle a manqué pour moi de circonvolutions, de dédales et de longueurs. J’aurais aimé me perdre dans les jardins grandioses de Villarval, m’attarder un peu plus au palais de Montanges, pourquoi pas revoir la petite Jeanne ? Je voulais tellement en savoir plus sur cette malédiction qui ronge la peau de Gemma et les fondements de la révolte qui campe un arrière-plan si intéressant ! J’attends donc une version longue, avec les scènes coupées en bonus :p

Vous connaissez sans doute mon attachement aux petits détails, et certains ici m’ont laissée perplexe : au tout début, pourquoi aucun garde n’accompagne la princesse dans le Grenier ? Comment Rosalie a-t-elle appris à se battre ? Pourquoi Espérance s’inquiète du fait que le Marquis puisse ne pas aimer sa fille si elle comptait la marier de force au Vicomte ? … Ma compatriote blogueuse Le Calepin d’une Lectrice dirait certainement que ce sont ces détails qui font la magie de l’histoire et qu’il ne faut pas les expliquer, et je crois qu’elle a raison :).

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