The Shape of water, la déception

Je risque de ne pas me faire des amis tant ce film a fait des émules, mais je n’ai pas aimé La Forme de L’eau. Voilà c’est dit.
Bon je ne l’ai pas détesté non plus, à vrai dire j’ai passé un chouette moment au cinéma, mais … rien de plus. Et pourtant, avec tout ce que j’avais lu et entendu à son sujet, sans compter mes propres projections construites au visionnage de la bande-annonce, j’avais d’énormes attentes concernant ce film. C’est peut-être pour ça d’ailleurs que j’ai été déçue. 

Pour ceux qui auraient échappé à la déferlante, The Shape of water, c’est l’histoire d’une jeune-femme muette qui travaille comme femme de ménage dans un centre de recherches. Un jour, elle se retrouve à nettoyer une zone sensible poisseuse de sang frais et tombe nez-à-nez avec une créature aquatique humanoïde sur laquelle les chercheurs font des expériences. Une relation va alors se nouer entre les deux.

J’ai certainement l’esprit un peu formaté par mes activités autour des contes, mais avec cette omniprésence de l’eau et cette thématique du langage (ou plutôt de l’absence de langage entre cette créature et l’héroïne muette, tous deux sujets aux complexités de la communication) je m’attendais à une sorte de revisite de La Petite Sirène version Del Toro, matinée peut-être d’un soupçon de Belle et la Bête. Et il s’agit peut-être de cela, mais je ne m’attendais pas à ça sous cette forme là et mes espérances ont été flouées. Explications spoilerisantes.

Autant mettre les pieds dans le plat directement : ce qui m’a le plus gêné c’est le sexe entre eux. Pas d’un point de vue physiologique (quoique), ou à cause de leurs différences. De surcroît, lesdites scènes sont visuellement très belles. Non ce qui m’a dérangée c’est que cela intervienne à un moment où j’ai eu l’impression qu’il ne s’était pas créé un autre lien entre eux que de la curiosité et de l’attachement sauveuse/sauvée. 
Je pense que tout ça est lié à la communication. Le fait que les deux protagonistes soient incapables de parler était génial et prometteur mais, même si je sais que tout ne peut pas être montré à l’écran et qu’il faut faire jouer son imagination pour récréer tout ce qu’il se passe entre les moments que l’on nous montre, j’ai eu l’impression tenace qu’à part « musique » et deux trois autres mots, ils n’échangeaient pas. Du coup je n’ai pas réussi à croire en leur histoire d’amour. C’est peut-être bête et étriqué, mais à mes yeux, sans réelle communication (même alternative) il se tisse entre eux une relation comparable à celle que l’on peut avoir avec des animaux particulièrement intelligents. (Sauf que Dian Fossey ne couche pas avec un singe dans Gorilles dans la brume. )

Parce que si l’on enlève le sexe, cette histoire aurait pu être la même avec un animal. Une jeune-femme qui brave l’interdit professionnel pour sauver un animal victime des hommes avec lequel elle aurait tissé un lien particulier.
Le sexe entre eux ne m’aurait absolument pas dérangée si l’histoire d’amour avait été vraiment construite et profonde. Mais là, j’ai eu le sentiment qu’il n’y avait rien d’autre entre eux. Que leur relation se résumait à une curiosité mutuelle, un attachement pour contrebalancer leur solitude respective et à une exploration charnelle donc. 
Je ne sais pas si je parviens à rendre clair le fond de ma pensée. Mais voilà, j’aurais vraiment aimé qu’on oriente plus l’intrigue sur le développement de l’amour entre eux que sur le côté sexuel. 
J’ai également été déçue par la fin que j’aurais préféré ouverte. Il aurait été plus subtil, je pense, de ne pas montrer ce qu’il se passe sous l’eau, de laisser le spectateur décider avec les éléments mis à sa disposition tout au long du film si oui ou non il parvenait à la sauver. Que la dernière image que l’on ait d’eux soit le moment où il saute avec son corps dans les bras.
Si je suis un peu dure avec ce film c’est que j’en attendais beaucoup et qu’il renfermait de merveilleuses promesses. Mais je ne peux pas dire que je n’ai pas aimé. Cela reste une belle histoire malgré tout. J’ai particulièrement apprécié qu’on ne cherche pas à expliquer d’où vient la créature, que sa nature reste en suspens. Objectivement, c’est un bon film mais il n’a pas réussi à toucher ma sensibilité. 
Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

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